
Les pierres semi-précieuses




L'agate mousse
Le lapis lazuli
Bleu profond strié d’or, le lapis lazuli est extrait depuis plus de six mille ans dans les montagnes de Sar-e-Sang, en Afghanistan. Les Égyptiens le payaient plus cher que l’or. Symbole de royauté, de ciel et de vérité dans presque toutes les civilisations antiques, c’est la pierre que je choisis quand une composition demande une profondeur calme. La couleur fait baisser le rythme du regard. Traditionnellement associée à l’équilibre, à l’apaisement et à la réparation intérieure.
C’est dans un fleuve de Sicile qu’on a découvert les premières agates. Elle porte son nom en référence aux motifs d’apparence végétale qu’on y distingue : ce quartz transparent contient des inclusions d’oxydes de fer ou de magnésium qui ressemblent à de la mousse. On lui prête, dans la tradition, le pouvoir de redonner force et énergie, et de soutenir l’élan nécessaire pour avancer.


L'obsidienne dorée du Mexique
L’amazonite arbore un vert d’eau lumineux. Elle est extraite principalement à Madagascar et dans l’Oural russe. C’est une des pierres fines utilisées depuis des milliers d’années. Un nombre incalculable de bijoux datant du Néolithique ont été découverts en Jordanie, en Mésopotamie, en Inde, en Égypte, au Soudan. L’amazonite est considérée comme une pierre apportant de la tendresse. On l’appelle aussi la pierre de l’empathie.
L'amazonite de Madagascar


L’obsidienne est l’une des matières minérales les plus anciennes utilisées par l’Homme. Dès l’âge de pierre, il y a plus de huit mille ans, les hommes préhistoriques la taillaient en pointes de flèches, lances et têtes de hache. On la trouve dans les zones volcaniques. Ce n’est pas une roche cristalline au sens strict, mais un verre volcanique : de la lave refroidie trop vite pour former des cristaux. L’éclat doré provient de microscopiques bulles de gaz piégées lors du refroidissement. Pierre de libération et de confiance dans la tradition, c’est aussi une pierre d’ancrage et de vérité. Particulièrement délicate à travailler à cause de ses reflets.
Chaque mosaïque que je compose est une rencontre entre des matières qui ont chacune leur histoire, leur poids, leur lumière. Pierres fines, marbres italiens, smalts vénitiens, pâtes de verre, bois pétrifié, métal : la palette est large parce qu’aucune œuvre ne demande la même chose. Je travaille avec ce que les civilisations utilisent depuis des millénaires pour parler de beau, de durable et d’apaisant. Cette page rassemble quelques -uns des matériaux qui composent mes pièces : leur provenance, leur sens, et la raison pour laquelle je les choisis.


Le jaspe rouge
Le jaspe rouge appartient à une grande famille. Il se forme dans les profondeurs de la terre. Sa concentration élevée en oxyde de fer lui donne cette couleur rouge intense. Dès la préhistoire, on en faisait des pointes de flèches et des outils de chasse : il se taillait facilement et devenait dur et tranchant. Chez les Grecs et les Romains, cette pierre rouge était associée aux déesses. Aujourd’hui largement utilisée en joaillerie. On dit que c’est une pierre de dynamisme et d’ancrage, qu’elle renforce la concentration et aide à structurer son esprit.


L'hématite noire
La pierre de sang. Son nom vient du grec haima, sang : l’oxyde de fer qui la compose circule aussi dans le nôtre. Utilisée comme pigment depuis le Paléolithique dans les peintures rupestres. Durant l’Égypte ancienne, on lui conférait la propriété de guérir des maladies du sang. En 2004, des traces d’hématite ont été découvertes sur Mars : par leur seule présence, elles confirment l’existence d’eau passée sur la planète, l’eau étant essentielle à sa formation. Métallique, lourde, presque magnétique. C’est ma pierre d’ancrage quand une composition a besoin d’un point de gravité visuel. On lui prête, dans la tradition, des effets sur les maux physiques et un soutien à l’esprit et à la pensée.


Le marbre beige Svevo Perlato




Le marbre rouge de Vérone
Le marbre blanc de Carrare
Rosso Verona : cette pierre calcaire vient de la région de Vérone, utilisé dans toute l’architecture vénitienne depuis le Moyen Âge. Elle date de la période Jurassique. Sa teinte chaude, parfois traversée de coquillages fossiles visibles, donne une profondeur que les pigments synthétiques n’imitent pas. Une pierre puissante dans sa texture comme dans sa couleur.


La pierre de travertin
Matériau naturel brut, très robuste, qui résiste à l’épreuve du temps. Le travertin a une personnalité unique : il ne se forme pas au fond des océans comme d’autres calcaires, mais sur la terre ferme, au niveau de sources d’eau chaude ou froide très riches en calcaire, souvent dans des zones volcaniques ou à l’intérieur de grottes. La texture « à trous » provient de bulles de gaz, d’air et de débris végétaux — mousses, herbes, feuilles — piégés pendant la cristallisation. Les végétaux finissent par pourrir et disparaître, laissant ces petites cavités irrégulières ou empreintes fossiles. Les carrières historiques se trouvent près de Rome. Les Romains l’avaient choisi pour sa relative facilité d’extraction et sa robustesse monumentale : c’est le matériau principal du Colisée. Il offre un dégradé de teintes très douces et naturelles.
Pierre élégante, extraite à Carrare dans la province italienne de Toscane. Ferme et dense, à grains fins qui captent la lumière. Sa structure cristalline lui donne un aspect légèrement translucide. Les Romains l’exploitaient déjà, sous le nom de marbre de Luna, pour bâtir le Panthéon. Il est l’incarnation absolue de la Renaissance et du luxe. Michel-Ange se rendait directement dans les carrières de Carrare pour choisir lui-même les blocs de la variété la plus pure. Cette pierre me permet de structurer une composition sans jamais l’éteindre.
Marbre italien à reflets nacrés. Il présente de délicates incrustations de micro-fossiles ou de fragments calcaires arrondis qui créent des aspects plus clairs, semblables à de petites perles d'eau. Son nom Perlato évoque ces nuances. Son veinage est discret et très fin, ce qui lui confère une belle uniformité visuelle sur de grandes surfaces. Une pierre sophistiquée, pas plus qu’il ne faut.


L'ardoise
Nous entrons ici dans l'univers d'une pierre liée à l'architecture brute et au design contemporain très graphique. C'est une roche métamorphique à clivage parfait, qui s’est structurée en feuillets parallèles. Imperméable, résistante au gel et au feu. Mate, veloutée, gris-noir profond. Elle apporte un aspect authentique à mes créations et permet des contrastes intéressants avec les matériaux brillants


Le millefiori de Murano
Tesselles d’émail produites par la manufacture historique de Briare, dans le Loiret, dont la fabrication date du XIXe siècle. Depuis avril 2023, la production est à l’arrêt en raison de pannes sur des machines vieillissantes et d’une flambée des coûts énergétiques. Ce matériau qui a connu la gloire se raréfie. Les tesselles apportent lumière et douceur dans les créations, autant par le toucher que par le visuel.






Les émaux de Briare
Mille fleurs en italien. Haute verrerie artisanale fabriquée selon une technique vénitienne datant du XVe siècle, avec des ancêtres romains et égyptiens : on superpose des couches de pâte de verre colorée semi-liquide autour d’une tige, on étire l’ensemble, on tranche transversalement. Chaque rondelle révèle un motif identique en miniature, souvent une fleur, une étoile, un œil. Cette matière apporte lumière et délicatesse ou fantaisie à des compositions sinon trop minérales.
Les pâtes de verre artisanales Albertini
L’entreprise a été fondée en 1926 par Jean Albertini, immigrant italien venu en France. Quatre générations plus tard, la famille perpétue le savoir-faire italien sur sa fabrique française. La surface ondulée des pâtes Albertini diffracte la lumière de façon non uniforme : les reflets ne sont jamais figés, ils bougent avec le spectateur. C’est ce qui rend les pièces vivantes en lumière naturelle.




Verre miroir teinté dans la masse ou sur la couche réfléchissante, découpé en tesselles. Il existe de nombreuses colorations, le plus souvent en format carré, avec un aspect nacré qui varie selon l’angle de vue. Les tesselles sont fabriquées en appliquant une couche réfléchissante sur du verre texturé, puis en y ajoutant une teinte colorée. L’effet ondulé est obtenu soit par moulage du verre en fusion, soit par pressage sur une surface texturée. Le miroir multiplie la lumière disponible dans une pièce, utile dans les espaces sombres ou orientés nord. Il introduit des reflets de l’environnement directement dans la composition. À doser : trop de miroir tue la matière, juste ce qu’il faut la révèle.
Les tesselles de miroir coloré



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